Les deux plus grandes agglomérations du département viennent de signer une convention de coopération d’un nouveau type. Max Roustan, député-maire d’Alès et président du Grand Alès et Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes et président de Nîmes Métropole ont en effet décidé de prendre les devants face à une très forte montée en puissance de la démographie annoncée pour les années à venir. La population de la Région a augmenté d’1,8 million d’habitants depuis 30 ans et cette tendance n’est pas prête de s’arrêter.

Mieux anticiper les besoins de la population

On constate par ailleurs qu’après les grands pôles urbains comme Nîmes, Alès ou même Bagnols, les arrières pays commencent à se repeupler avec principalement de nouveaux arrivants mais également avec des jeunes locaux qui n’arrivent plus à se loger dans les agglomérations, faute de foncier et compte tenu des coûts de plus en plus élevés de l’immobilier.

Face à cette évolution et pour préserver une certaine qualité de vie, il convient donc d’anticiper tant en matière d’infrastructures que de services d’environnement ou encore d’économie. Et l’enjeu est de taille si l’on veut éviter certaines erreurs du passé. Autre phénomène qui prend de l’ampleur : l’urbanisation périurbaine. Et en la matière, l’axe Nîmes-Alès est un exemple patent.

Les deux élus veulent donc mener une réflexion active afin de « tirer partie de cette croissance sans en subir les effets pervers induits » selon Jean-Paul Fournier. Cette collaboration qui se met en place arrive par ailleurs à point dans le cadre du futur plan Etat-Région. Un « projet de territoire élargi et une coopération renforcée ».

Concrètement il s’agit dans un premier temps de réaliser une « étude de cadrage » réalisée par un comité multi-partenarial sous forme d’association avec entre autre la participation de l’agence nationale de l’urbanisme. Ce comité doit remettre un rapport en fin d’année 2007. Parmi les grands dossiers à analyser prioritairement, on peut noter les plans de déplacements, l’accélération du chantier de la deux fois deux voies entre Nîmes et Alès.

En matière de transports, le comité doit également se pencher sur l’optimisation des autres modes de déplacement comme le ferroviaire avec le développement des modes multimodaux (train-bus-parkings de retenue…). En matière d’accessibilité, une réflexion sur l’aérien avec la nouvelle délégation pour l’aéroport de Nîmes (voir article ci-dessous) et sur l’aérodrome d’Alès Deaux doit également être menée.

Vers un développement économique

Outre ce problème de déplacement très pragmatique, la commission va se pencher bien logiquement sur le développement économique qui doit accompagner l’arrivée massive de populations. D’abord en optimisant l’existant comme les pôles de compétitivité et les filières d’excellence ainsi qu’en accentuant les synergies potentielles en matière d’Université et de formation. Toujours en matière économique, le tourisme et l’agriculture -les deux mamelles du département- devraient aussi faire partie de l’analyse des spécialistes. Enfin, toutes ces analyses doivent être menées dans le sens d’une préservation de l’environnement afin de protéger le cadre de vie et l’attractivité de nos territoires.

A terme, cette coopération doit déboucher sur l’organisation d’une gouvernance afin de garder une cohérence dans l’aménagement des zones concernées. La prochaine étape consistera à élargir la réflexion encore plus largement jusqu’à Sète, Montpellier et même Avignon, soit un bassin de plus d’un million d’habitants.

Cette initiative novatrice a été largement saluée par les ministères concernés qui voient peut-être là les prémices d’une nouvelle façon de gérer des territoires voisins et à l’identité proche.
Une nouvelle ère de coopération semble s’ouvrir après 2 000 ans d’histoire parallèle mais rarement commune.