La taxe carbone s’appelle à l’origine « La Contribution Climat Energie ». Comme la contribution Climat Energie est un prélèvement obligatoire, par facilité ou abus de langue elle est devenue une « taxe » d’où « taxe carbone ». Sur le plan de la communication ce changement pratique de nom n’est pas pour faciliter la mise en place du projet car inconsciemment les Français (et donc les électeurs) vont se dire « encore une taxe ! » ou « voilà un impôt de plus ! ». « La Contribution Climat Energie » est à proprement parler une taxe et nom un impôt. Pourquoi ? La taxe est un prélèvement en fonction de la consommation (tous les consommateurs paient) alors que l’impôt est un prélèvement en fonction du revenu.

Objectif de la taxe carbone

L’objectif de cette taxe est de décourager la consommation de produits qui rejètent beaucoup de CO2 (en les rendant plus chers) et favoriser la consommation de produits de substitution qui au contraire en rejètent peu ou pas du tout. Les recettes de cette taxe serviront, principalement, à financer et aider les projets d’énergie renouvelable. Bien sûr le but est d’arriver à une réduction significative des rejets de CO2 (gaz à effet de serre) et ainsi éviter, ou plutôt réduire le réchauffement climatique. Concrètement il y aura par exemple une augmentation du prix des carburants. L’électricité ne devrait pas être concernée vu que la France à une production essentiellement nucléaire et donc rejette très peu de CO2 dans sa production d’électricité.

Problème: la mise en application

Si le principe est simple et plutôt vertueux, la mise en application concrète est bien compliquée et donne lieu à débat.

Certaines populations seront plus touchées que d’autres, comme par exemple ceux qui habitent dans les campagnes et qui ont bien plus besoin de la voiture que les habitants des villes qui ont la possibilité d’utiliser les transports en commun.
Comment va se faire la redistribution ? Quelle catégorie de population va en bénéficier ? Sur cette question précise de la modalité de redistribution les choses sont encore en discussion au gouvernement. Le risque est donc réel de transformer la taxe carbone en une véritable «usine à gaz» (sans jeu de mot!!) qui compromettrait son efficacité.

On sait que la taxe, d’abord fixée par la commission Rocard à 32 euros par tonne de CO2 rejeté, sera ramenée à 14 euros.

Quelle expérience passée?

Est-ce que des pays ont déjà mis en place cette taxe carbone ? Oui comme le Danemark. Les pays qui ont appliqué : le Danemark. La taxe s’applique à tous, les ménages, les entreprises et les administrations. L’Allemagne a également mis une taxe sur les combustibles mais celle-ci n’est pas modulée en fonction du CO2 rejeté

L’effet amplificateur c’est quoi ?

Le sommet de l’ONU va se tenir en décembre 2009 à Copenhague. Ce sommet commence à faire grand bruit, bien plus que celui de kyoto. Pourquoi ? Parce que les dernières constatations sur le réchauffement climatique sont pires que celles prévues par le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) de 2007. Il y a donc vraiment menace.

Une augmentation de 1 ou 2°C de la terre qu’est-ce que cela fait ?

A l’échelle humaine, c’est pas grand chose. En fait des régions du globe sont devenues beaucoup plus chaudes et d’autres, paradoxalement, refroidissent ce qui fait, en moyenne, un réchauffement global de la planète de 1 ou 2°C. Mais les scientifiques redoutent l’effet cumulatif, c’est à dire que les 1 ou 2°C de réchauffement de la planète entraîne une accélération, auto entretenu, du réchauffement pour faire de notre planète une vraie cocotte minute. Comment ? Voici les 2 principaux phénomènes redoutés

Réduction voire arrêt de l’absorption des océans de 50% du CO2

L’Océan absorbe près de 50% de nos émissions de CO2 grâce notamment aux micro-organismes comme les coraux. Seulement l’océan doit rester à une certaine température et ne pas être trop acide non plus. La calotte glacière joue un grand rôle dans la température des océans, notamment en réfléchissant les rayons du soleil. Comme la banquise du pôle Nord devient beaucoup moins étendu les rayons du soleil réchauffent davantage l’océan. De ce fait, les courants marins risquent de se modifier. Ceci perturbe la vie des micro-organismes captant le CO2. Conclusion les océans ne pourront plus faire leur travail de « mangeur » de CO2.

La Sibérie : la fonte du permafrost

La Sibérie contient une des plus grandes réserves de méthane piégé dans les sols gelés appelés « permafrost ». Avec le réchauffement climatique on comprend que ce permafrost va disparaître et libérer le méthane piégé. Problème : le méthane est un gaz à effet de serre 24 fois supérieurs au CO2 !!

Conclusion : même si l’humanité réduit son émission de CO2 de 100% l’effet cumulatif ayant été déclenché le réchauffement climatique deviendra auto-entretenu.