Voici quelques jours, les médias annonçaient une baisse du taux de chômage en dessous des 9% pour la 1ère fois depuis mars 2002. Résultat des différentes mesures -suscitant des réactions diverses….- prises par le gouvernement, en croisade pour l’emploi ? Toujours est-il qu’après le CNE, le CPE ( !), nous arrive désormais le CDD séniors, lequel s’insère dans le « plan national concerté pour l’emploi des séniors » pour la période 2006-2010, lancé par le Ministère de l’Emploi et de la Cohésion sociale.

Les objectifs visés par le gouvernement

Le gouvernement, par la voix de ses ministres, entend mener une véritable« révolution culturelle ». Il est inadmissible, selon Monsieur de Villepin, que« certains de nos concitoyens ne trouvent pas de travail en raison de leur âge ». Le premier Ministre affiche donc deux objectifs principaux pour remédier à cette exclusion des séniors du monde du travail :

« offrir à chacun la possibilité de continuer de travailler au-delà de l’âge de la retraite ou de mieux gérer la transition entre la vie professionnelle et la retraite,
– Faciliter le retour à l’emploi de ceux qui connaissent des périodes de chômage ».

Dès lors, le plan concerté pour l’emploi des séniors s’articule autour de quatre grands axes :

1- maintenir dans l’emploi, notamment par la suppression progressive de la contribution Delalande (laquelle, à l’usage, semble constituer un frein à l’embauche) ou encore par la révision des accords abaissant l’âge de mise en retraite anticipée,
2- réinsérer sur le marché du travail, sachant, selon les données du Ministère de l’Emploi, qu’en l’état actuel des choses la probabilité de retrouver un emploi pour un salarié de plus de 50 ans est de 33%, contre 60% pour un salarié moins âgé. Ce but de réinsertion s’appuie, entre autres, pour les salariés « âgés » sur un accompagnement particulier faisant l’objet de parcours différenciés ainsi que d’une offre de service adaptée à leurs besoins spécifiques. Autre mesure sur laquelle nous allons revenir ci-dessous plus en détail : la création d’un CDD.
3- Aménager les fins de carrière, notamment par l’établissement de dispositifs tels que : la retraite progressive (poursuite d’une activité à temps partiel) ou le cumul emploi-retraite, ou bien encore la pratique du tutorat dans l’entreprise.
4- Lutter contre les préjugés, par le lancement d’une campagne de communication nationale en direction du grand public afin de mettre en valeur le potentiel des séniors.

Des directeurs de ressources humaines sceptiques

Mesure phare donc de ce plan présenté en juin dernier par le Premier Ministre, le décret (n°2006-1070 du 28 août 2006) portant création du CDD sénior est paru au Journal Officiel du 29 août dernier. Ce contrat à durée déterminée, d’une durée maximale de 18 mois renouvelable, est réservé aux demandeurs d’emploi de plus de 57 ans en recherche d’emploi depuis plus de trois mois ou qui bénéficient d’une convention de reclassement personnalisé. Il vise l’acquisition, par l’exercice d’une activité professionnelle, des droits nécessaires en vue de la liquidation de la retraite de l’intéressé à taux plein. Ce dispositif résulte de l’accord national interprofessionnel du 13 octobre 2005, modifié par avenant du 9 mars 2006, signé par les trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) ainsi que par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC et étendu le 12 juillet 2006.

Certains directeurs des ressources humaines demeurent perplexes quant à l’opportunité de ces nouveautés. Pour une organisation syndicale, le CDD sénior « participe de la même logique que le CPE ». La CGPME estime pour sa part que la création du CDD « redynamisera l’embauche des séniors en faisant profiter les entreprises de leur expérience irremplaçable ». Alors, séniors : au travail !!!!